Les bons poissons pour votre étang

Quels poissons introduire dans votre étang?

1. La famille des truites

Parmi les truites, l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), ou encore truite mouchetée, reste le spécimen le plus populaire dans sa catégorie au Québec. Véritable emblème du poisson sauvage, on le retrouve jusqu’au niveau de la région de l’Ungava. Localement, il peuple les cours d’eau dont l’eau reste fraîche et oxygénée toute l’année, principalement les ruisseaux de montagne. Une truite mouchetée ne se reproduira pas dans un étang, et parviendra à survivre uniquement si la qualité de l’eau et de l’habitat sont excellentes. Très sensible aux variations de température, elle arrête de se nourrir dès que l’eau atteint 18° Celsius, et meurt à partir de 23° Celsius. Contrairement à ce que prétendent certains vendeurs de piscicultures, cette espèce n’est absolument pas adaptée aux étangs. Même si votre plan d’eau possède des profondeurs supérieures à 12 pieds, le manque d’oxygène dans ces couches d’eau profondes serait fatal à votre population de mouchetées. Pensez à utiliser l’aération pour donner de l’oxygène à ces couches anoxiques.

La suivante est la truite arc-en-ciel (Salmo gairdneri), qui semble être devenue commune et bien adaptée suite à l’ensemencement important et répété de nos lacs et de nos cours d’eau. Le Lac Brome et le Lac Memphrémagog représentent de bons exemples de la réussite de son implantation. Elles résistent bien à la vie en étang, pourvu que certaines conditions soient remplies. Comme la précédente, elle aime les eaux froides et suffisamment profondes, mais elles sont plus tolérantes vis-à-vis de la température : à 23° C elles arrêtent de se nourrir, à 28.5 °C elles meurent. Par contre, contrairement aux idées reçues, elles ne mangent ni les grenouilles, ni les têtards. Dans les étangs, sa durée de vie est d’environ 5 ans.

La truite brune (Salmo trutta) n’est pas fréquente en étang car préférant les cours d’eau dans lesquels la nourriture sous forme de petits poissons est plus abondante. Elles ne résistent pas trop mal aux eaux plus chaudes, pourvu qu’elle soit bien oxygénée. Aucune espèce de truite ne se reproduit dans les étangs, à moins que celui-ci soit alimenté par un ruisseau dont le lit graveleux consiste de bons site de fraye. Néanmoins des frayères artificielles peuvent être aménagées, jouant ainsi le rôle de ruisseau permanent.

2. L’achigan, LE poisson idéal pour les étangs de nos régions

L’achigan à petite bouche (Micropterus dolomiuei). Il n’est pas difficile de trouver de l’achigan autour du mont Sutton. Appréciant des habitats nombreux dans les étangs, les lacs et les rivières, il ne requiert pas autant d’oxygène que les truites. Ils resteront bien entendu bien plus actifs dans des herbiers bien oxygénés que dans un étang dépourvu de plantes aquatiques et pauvre en oxygène. L’achigan à petite bouche se nourrit jusqu’à des températures de 28° C, il succombe lorsque l’on dépasse les 34° C. Son régime alimentaire est principalement constitué d’insectes, d’écrevisses, de grenouilles, de têtards et d’autres petits poissons. Sans éliminer toutes les grenouilles, il régulera leur population. Les grenouilles comprendront rapidement qu’elles sont mieux de trouver un autre habitat que votre étang pour y déposer leurs œufs. Les oeufs de grenouille sont la nourriture principale des sangsues. Les alevins d’achigans sont généralement disponibles dans les piscicultures à l’automne seulement.

Achigan à grande boucheL’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) n’est pas conseillé, car nous nous situons à l’extrême nord de sa répartition géographique et qu’il est interdit par le ministère de l’Environnement de l’introduire dans nos régions. Ne se nourrissant dans des eaux qu’à partir de 18° C, il n’est pas du tout affecté par la température de l’eau, si bien qu’on le retrouve dans des eaux sous les tropiques. De par sa nature, il ne se nourrit pas de têtards ni de grenouilles avant que l’eau soit suffisamment chaude. Sa croissance dans nos latitudes sera bien moins forte que son confrère à petite bouche.

La plupart de ces espèces sont présentes à l’état naturel dans les Cantons de l’Est. Les normes sont strictes dès qu’il s’agit d’introduire des espèces de poissons non indigènes dans nos étangs et nos cours d’eau.

La mortalité de vos poissons en été peut être signe que votre étang n’est pas conçu pour cette espèce.

La grandeur et profondeur d’un étang à poissons

Les étangs variant de ¼ d’acre à plusieurs acres peuvent fournir des bonnes conditions pour la pêche. Les étangs d’une grandeur de moins de ¼ d’acre ne fournissent pas assez de nourriture ni d’abri pour soutenir une grosse population de poissons pour la pêche.

La profondeur requise dépendra des conditions climatiques. Dans les régions où le temps glacial est commun, les étangs doivent être plus profonds pour éviter la possibilité de mortalité en hiver. Au moins 1/3 de l’étang doit avoir une profondeur de 6 pieds ou plus. Les étangs utilisés pour l’irrigation, le bétail et autres usages hauts en consommation, ou ceux avec des sources d’eau intermittentes et des taux d’évaporation élevés doivent être plus profonds que 6 pieds.

Bien que les eaux peu profondes servent de frayères et de pouponnières pour les poissons de pêche, elles sont facilement obstruées par les mauvaises herbes. Pour prévenir la croissance de ces herbes, les zones peu profondes devraient atteindre au moins 2 pieds de profond. Considérez aussi l’implantation d’habitats flottants afin de donner des lieux de refuge à vos poissons.

La température de l’eau pour les poissons

La température de l’eau joue un rôle critique en déterminant quels types de poissons de pêche peuvent survivre dans un étang particulier. En général, les poissons d’eau douce peuvent être séparés en trois groupes basés sur leurs préférences de température. Les espèces d’eau froide, les truites brunes, ombles de fontaine et les truites arc-en-ciel, prospèrent dans des hautes altitudes et des climats froids où la température moyenne de la surface de l’eau pendant les mois les plus chauds est plus basse que 70 °F (21 °C). Les poissons d’eau chaude comme les achigans à grande bouche, les crapets arlequins et les barbues de rivière peuvent survivre dans des températures d’eau de 90 °F (32 °C) ou plus et ne sont presque jamais tués par les températures d’eau élevées. Les poissons « coolwater », qui préfèrent une température intermédiaire entre 70 et 80 °F, incluent les achigans à petite bouche, crapets de roches, dorés jaunes, grands brochets et brochetons. Il est extrêmement important de faire correspondre la température de l’eau avec la bonne espèce de poisson à être ensemencée.

Finalement, si vous souhaitez ensemencer des poissons dans votre étang, vous pouvez rechercher les producteurs de votre région afin de vous en procurer.

 

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