Contrôle du Myriophylle à épi

Nous avons déjà traité dans cet article, des différentes méthodes qui s’offrent à vous afin de s’attaquer aux plantes aquatiques envahissantes dans votre plan d’eau. Cependant, le myriophylle à épi, aussi appelé plante zombie, mérite une attention particulière en raison de son caractère particulièrement agressif.

Le myriophylle à épi peut être contrôlé en combinant barrière benthique, aération, et bactéries bénéfiques.

Étape 1: Barrière benthique pour faire reculer la plante

Si vous avez l’énergie et le temps, une première étape qui vous donnera un bon coup de pouce consiste à appliquer au printemps une barrière benthique sur la plante encore petite. Les barrières benthiques sont également connues sous le nom de membranes synthétiques, membranes de fibre de verre, ou bâchage avec toile de jute. Nous proposons deux versions de ce produit : le Lake Bottom Blanket et l’Aquascreen. Laissée en place pendant 4 semaines, la barrière coupera la lumière à la plante, la tuant pour de bon et laissant un espace libre de myriophylle. La barrière peut ensuite être déplacée pour traiter un autre endroit.

Par la suite, les phénomènes résultant de l’aération feront le travail de conserver cette superficie aussi belle qu’après l’éradication de la plante.

 

N’oubliez pas : si vous déterrez manuellement les plantes, ne les jetez pas dans votre bac ou votre site de compostage. Il s’agit d’une plante envahissante qui doit être envoyée à un site d’enfouissement.

 

Étape 2: Aération et Circulation

De manière générale, nos systèmes d’aération consistent en trois composantes disposées une à la suite de l’autre:

  • Un compresseur à air, alimenté par l’électricité ou l’énergie solaire
  • Du tuyau lesté qui transporte l’air comprimé jusqu’au dispositif d’aération.
  • Un dispositif d’aération: soit des diffuseurs ronds individuels ou du Tuyau Bulle®, un diffuseur linéaire lesté.

De tels systèmes d’aération émettent des milliers de petites bulles qui monteront vers la surface, entraînant derrière elles une colonne d’eau. Tout en diffusant à l’eau l’oxygène nécessaire, ce système créera un mouvement continu de l’eau. La quantité d’eau retournée (circulation) par minute est en relation avec la profondeur et le type de dispositif utilisé. Le résultat est un mouvement d’eau bien oxygénée passant à travers les plantes du littoral.

Parfois, nous pouvons utiliser des fontaines aératrices pour créer un mouvement et une circulation d’eau supplémentaires. Dans certains autres cas, des circulateurs Kasco peuvent aussi être utilisés pour mieux contrôler l’accumulation de sédiments.

Chaque système doit être choisi pour convenir aux besoins spécifiques de l’emplacement, présentant des conditions individuelles telles que:

  • La densité du myriophylle en croissance;
  • La taille de la zone à être traitée;
  • La condition du fond du lac – le fond des littoraux envahis par le myriophylle sont habituellement constitués de matière organique en décomposition, de boue et de limon;
  • La profondeur de l’eau.

Prenons à titre d’exemple un système typique. Prétendons que nous avons un chalet avec un lit étendu de myriophylle au bord de l’eau – le lit fait 60 pieds de large sur la berge et s’étend jusqu’à 60 pieds de long dans l’eau – un total de 3600 pieds carrés à traiter. La croissance du myriophylle est dense, le fond est extrêmement envasé et la profondeur moyenne est de 10 pieds. Cette situation exigerait deux lignes de 50′ de Tuyau Bulle®, chacune circulant l’eau sur 15 pieds de part et d’autre, produisant un environnement beaucoup moins attrayant pour le myriophylle, qui apprécie les eaux stagnantes. Le coût du système approcherait 3000$, si vous l’installez vous-même (l’installation est très simple mais, dans le doute, peut être effectuée par nous). Il vous faudra aussi prévoir un budget pour l’ajout de bactéries bénéfiques. Retenez que 3600 pieds carrés représente une très grande surface, probablement supérieure à la majorité des étangs.

Étape 3: Bactéries

Une fois le milieu aéré et circulé, des bactéries bénéfiques devraient être ajoutées au mélange. Le processus de décomposition de la matière organique au fond est accéléré grâce à nos bactéries spécialisées, qui utilisent l’oxygène pour réduire l’épaisseur des sédiments. Les sédiments relarguent les nutriments dans l’eau, et fournissent un substrat de choix pour l’établissement du myriophylle. Utilisez du Bacterius® MUCK pour votre bord de lac, ou encore le Bacterius® 5B pour votre étang.

Comment ça fonctionne?

Le myriophylle requiert une importante concentration de nutriments sinon il meurt. Fondamentalement, l’aération opère en dérobant au myriophylle ses nutriments. Il le fait de plusieurs façons:

  • L’eau en mouvement attire et capture une partie des nutriments en circulation dans l’eau du lac, privant ainsi le myriophylle d’une partie de sa nourriture habituelle.
  • L’eau bien oxygénée contribue à l’oxydation du limon au fond et moins de nutriments sont alors relâchés par les sédiments, qui possèdent habituellement une grande quantité de nutriments.
  • Alors que le myriophylle devient clairsemé, d’autres plantes aquatiques qui étaient étouffées suite à la croissance agressive du myriophylle et sa capacité à bloquer une partie des rayons de soleil nécessaires à ces autres plantes, peuvent réapparaître et augmenter la diversité d’espèces présentes.

Le cycle annuel de croissance du myriophylle débute fin printemps / début été alors que l’eau commence à se réchauffer. La croissance est rapide et se poursuit jusqu’au début de l’automne. Éventuellement les tiges et le tapis de surface meurent, réallouant leurs réserves énergétiques aux racines, qui survivent à l’hiver et assurent la repousse rapide au printemps. La circulation et l’aération prolongent la vie automnale des tiges, et ainsi laissent les racines avec moins de réserves pour survivre à la période hivernale.

 

Avertissement: le programme d’éradication du myriophylle décrit ci-dessus n’a pas un effet instantané. Il peut se montrer substantiel très rapidement, mais il peut aussi prendre plus d’une saison à faire le travail. Nous avons toutefois de lumineux témoignages à propos de son succès ultime.

 

Heureusement, mise à part sa possible lenteur, il y a des avantages certains qui compensent le déploiement de l’approche par l’aération, la circulation et les bactéries. Pour n’en nommer quelques-uns:

  • Si on considère les bénéfices concrets – être capable de nager en avant du chalet, sortir le bateau sans avoir à retirer le moteur pour nettoyer le propulseur, etc. – les coûts d’achat et de fonctionnement de mon système en valent la peine.
  • Les efforts de contrôle demeureront faciles, presque inexistants. Une fois que vous aurez dégagé votre secteur, le système pourra maintenir cet état de dégagement, même si le myriophylle à épi reste dans votre baie ou à proximité. Beaucoup d’autres méthodes demandent un travail intense qui devra être répété.
  • La maintenance du système est facile; simplement brancher le compresseur au printemps, et débrancher en novembre. Attention! Vous ne pouvez pas faire fonctionner le système une fois que la glace commence à se former, parce que vous aurez une zone libre de glace très dangereuse pour la circulation de véhicules tels que les VTT, les motoneiges, etc.

Le processus est sans danger pour le lac. Il permet un retour de l’état d’eutrophisation – riche en nutriments avec croissance végétale abondante -, à un état oligotrophe – peu de nutriments, croissance réduite des organismes photosynthétiques -, soit le type de conditions que l’on retrouve dans un lac au rivage rocheux et escarpé et aux eaux claires et profondes.

Si vous avez des questions sur ces méthodes ou les approches alternatives sur l’élimination du myriophylle ou si vous souhaitez obtenir une soumission, n’hésitez pas à nous contacter.

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