FAQ et ressources — Contrôle du myriophylle à épi avec ProcellaCOR FX

Science, sécurité et autorisations

Données techniques fondées sur des preuves et contexte réglementaire à l’intention des gestionnaires de lacs du Québec.

Foire aux questions

Quelles espèces envahissantes ProcellaCOR FX cible-t-il ?

ProcellaCOR FX est homologué au Canada pour la lutte sélective contre les plantes aquatiques envahissantes à haut risque. Les cibles aquatiques (application dans l’eau) incluent le myriophylle à épi, le myriophylle hybride, le myriophylle variable, l’hydrille, le myriophylle aquatique, la châtaigne d’eau, le faux-nymphéa pelté et la stratiote faux-aloès1. Il est également homologué pour une application foliaire contre la jussie à grandes fleurs et le myriophylle aquatique émergent1.

ProcellaCOR FX a-t-il été utilisé au Canada ?

Oui. Le premier traitement d’un lac canadien a eu lieu au lac Farlain, en Ontario, le 6 septembre 20232. En date du début de 2026, il s’agit toujours du seul traitement de lac canadien répertorié dans notre base de références actuelle2. Cela rend la documentation du lac Farlain particulièrement importante comme cas de référence canadien pour les responsables de lacs qui évaluent ProcellaCOR FX dans un contexte local. Pour le Québec, c’est un précédent canadien utile, mais les projets à l’échelle des lacs d’ici suivent leur propre processus d’autorisation.

De quoi est composé ProcellaCOR FX ?

L’ingrédient actif de ProcellaCOR FX est le florpyrauxifène-benzyle3. C’est le nom scientifique que vous verrez dans les documents d’homologation de Santé Canada et dans la littérature scientifique sur le produit3, 4, 5. Concrètement, lorsque vous rencontrez florpyrauxifène-benzyle dans le dossier réglementaire canadien, vous lisez le nom de l’ingrédient actif associé à ProcellaCOR FX3.

Est-il sécuritaire pour les humains et la faune ?

Oui. ProcellaCOR FX a obtenu le statut « risque réduit » de l’EPA américaine en raison de son profil toxicologique prometteur6. Il est considéré comme essentiellement non toxique sur une base aiguë pour les abeilles, les reptiles, les poissons, les oiseaux et les mammifères6. Son mode d’action unique imite une hormone de croissance que l’on trouve uniquement chez les plantes, en se liant spécifiquement à des protéines réceptrices différentes de celles des herbicides plus anciens4, 6. Dans sa décision d’homologation (PRD2022-17), Santé Canada a conclu que les risques pour l’environnement et la santé sont acceptables lorsque le produit est utilisé selon les directives3.

Qu’en est-il de la sécurité de l’eau potable ?

L’examen de Santé Canada a déterminé que les expositions par l’eau potable ne posent pas de risque pour la santé3. L’étiquette officielle contrôlée par Santé Canada ne comporte aucune restriction quant à l’utilisation de l’eau traitée à des fins domestiques, y compris la consommation, la cuisson, la baignade ou la pêche1, 2. Le produit se décompose habituellement en 4 à 6 jours par photolyse et dégradation microbienne 6. De plus, il ne se bioaccumule pas et ne se concentre pas dans la chair des poissons ou des palourdes6.

Va-t-il tuer nos plantes indigènes « bénéfiques » ?

ProcellaCOR FX est hautement sélectif : il cible les myriophylles envahissants tout en épargnant la plupart des espèces indigènes7. Bien que des espèces indigènes étroitement apparentées — comme le Nuphar advena (petit nénuphar jaune) — puissent être affectées si elles sont directement exposées, les pertes accidentelles demeurent limitées grâce à une application précise et localisée. En effet, comme cet herbicide diffuse mal dans les peuplements végétaux denses, les espèces indigènes situées à l’extérieur des zones de traitement n’entrent généralement pas en contact avec ProcellaCOR FX. De plus, comme l’herbicide ne perdure pas dans l’environnement, les espèces indigènes peuvent rapidement reprendre leur place une fois les tapis envahissants éliminés5, 7.

Combien de temps le produit persiste-t-il dans l’environnement ?

Santé Canada classe le florpyrauxifène-benzyle (l’ingrédient actif de ProcellaCOR FX) comme non persistant dans l’eau3. Les études sur le terrain en milieu aquatique citées dans la décision d’homologation montrent des demi-vies dans l’eau de l’ordre des heures, avec des résidus chutant sous 1 µg/L dans un délai de 1 jour à 6 semaines selon la dose et le plan d’eau3. La rémanence d’une saison de croissance à l’autre est négligeable, et le produit ne se bioaccumule pas dans les poissons ou les invertébrés3, 6.

Au sujet des produits de dégradation : Santé Canada a déterminé que les principaux produits de transformation du florpyrauxifène-benzyle sont deux à six ordres de grandeur moins toxiques que le composé parent, et l’agence les a écartés de l’évaluation affinée des risques sur cette base3. La seule exception est l’acide florpyrauxifène — la forme acide active, qui conserve une certaine activité herbicide contre le myriophylle. Sa dissipation plus lente fait partie de ce qui confère au traitement son efficacité sur plusieurs saisons. Santé Canada a déterminé que même ce composé pose un risque négligeable pour les poissons, les amphibiens et les mammifères3.

Au sujet des zones de traitement et de l’habitat benthique : ProcellaCOR FX est appliqué avec une extrême précision sur les herbiers de myriophylles envahissants, et non sur les lacs en entier. Les superficies traitées représentent généralement une faible fraction du fond du lac et une fraction bien plus petite encore de la communauté benthique à l’échelle du lac qui soutient la chaîne alimentaire des poissons. Les zones de traitement sont aussi, par définition, des secteurs déjà dégradés par la monoculture envahissante : les herbiers denses de myriophylles réduisent la pénétration de la lumière, accumulent des sédiments anoxiques et suppriment les plantes indigènes ainsi que les macroinvertébrés. L’image comparative pertinente à considérer n’est pas « benthos traité contre benthos vierge » — c’est « benthos faisant partie d’une baie en rétablissement contre benthos étouffant sous une monoculture de densité extrême».

Le suivi du lac Farlain, maintenant à plus de deux ans après le traitement, soutient ce constat : les communautés de plantes indigènes sont revenues et les populations de doré jaune ont été mesurées à près de la capacité de support du milieu2.

Quelle est l’étendue de l’invasion au Québec ?

La propagation du myriophylle à épi au Québec s’accélère. En date du début de 2026, la présence de l’espèce a été répertoriée dans plus de 220 plans d’eau à travers la province — en hausse par rapport aux 214 plans d’eau officiellement déclarés par le MELCCFP en décembre 20248. Les données historiques confirment que l’invasion s’est étendue du fleuve Saint-Laurent à 14 des 17 régions administratives depuis les années 19709.

Année Plans d’eau déclarés (Québec) Source des données
1990 44 Jacob-Racine et Lavoie (2018)9
2017 148 Jacob-Racine et Lavoie (2018)9
2024 214 MELCCFP (déc. 2024)8
2026 222+ Recherche marchande, Produits Étang.ca Ltée (mars 2026)

Par où commencer pour s’attaquer au myriophylle à épi dans mon lac ?

La première étape consiste à documenter professionnellement l’infestation. La deuxième consiste à demander une autorisation ministérielle pour le projet. Si vous n’êtes pas certain qu’une autorisation s’applique à votre lac ou à votre situation, remplissez ce formulaire de demande de renseignements : Demande de renseignements pour les autorisations environnementales et les permis ou certificats pour la vente et l’utilisation de pesticides.

Après traitement : à quoi s’attendre

Contrairement aux anciens produits de contact qui agissent comme des « tondeuses chimiques », ProcellaCOR FX élimine la couronne entière de la plante sur une période de 4 à 5 semaines2.

Semaines 1-2 Le myriophylle semble « s’étirer », ressemblant à des spaghettis à mesure qu’il perd le contrôle de ses processus de croissance normaux2.
Semaines 2-3 Les tiges se détachent et s’affaissent ; le système racinaire perd sa viabilité en même temps que la tige2.
Semaines 4-5 Le myriophylle a disparu du champ visuel, est devenu non viable, et se décompose au fond du lac2.

Bibliographie de références techniques

1. Étiquette du produit à usage restreint ProcellaCOR® FX

Étiquette officielle canadienne détaillant les plantes vasculaires aquatiques envahissantes ciblées par application aquatique et foliaire.

Télécharger l’étiquette ↓

2. Questions-réponses sur ProcellaCOR FX – Farlain Lake Community Association, Ontario

Résultats opérationnels et questions-réponses pratiques tirés de la première application canadienne en Ontario, documentant une efficacité de contrôle de plus de 90 %.

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3. Projet de décision d’homologation PRD2022-17, Florpyrauxifène-benzyle, Herbicide ProcellaCOR FX

Examen scientifique officiel de Santé Canada concluant que les risques pour l’environnement et la santé humaine sont acceptables lorsque le produit est utilisé selon les directives.

Voir la décision officielle ↓

4. Sensitivity of 24 native and non-native aquatic plants to florpyrauxifen-benzyl

Recherche évaluée par les pairs sur l’affinité de liaison et l’efficacité élevée contre les biotypes résistants. (Document scientifique en anglais.)

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5. Response of established Eurasian watermilfoil and native plants at low concentrations of florpyrauxifen-benzyl

Confirmation scientifique d’une action systémique rapide et d’une sélectivité élevée en essais en plein air. (Document scientifique en anglais.)

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6. ProcellaCor EC Aquatic Toxicity Review (Vermont Agency of Natural Resources)

Évaluation technique détaillée de l’impact de ProcellaCOR sur les poissons, les invertébrés et le devenir environnemental. (Ingrédient actif commun avec ProcellaCOR FX. Document en anglais.)

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7. Operational control of Eurasian watermilfoil and impacts to the native submersed aquatic macrophyte community in Lake Pend Oreille, Idaho

Étude de terrain documentant la reprise de la communauté indigène et une réduction de 90 % du myriophylle envahissant. (Document scientifique en anglais.)

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8. Lacs et cours d’eau du Québec où la présence du myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum) a été rapportée – Décembre 2024

Liste officielle des lacs et cours d’eau du Québec où la présence du myriophylle à épi a été rapportée en date de la fin de 2024.

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9. Historique de l’invasion du Québec par le myriophylle à épis (Jacob-Racine et Lavoie)

Reconstitution historique de l’invasion provinciale par le myriophylle et de sa progression régionale depuis 1958.

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